LA MAISON DE LOUISE
ROUSILLON

LA RENCONTRE AVEC LE SITE
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Quand j’ai visité la maison de Louise pour la première fois, elle était complètement en ruine. La toiture était un vrai gruyère, les planchers effondrés, les fenêtres condamnées, les chambres habitées par les chauves-souris et les murs étaient dans un piteux état. À l’intérieur, on devinait quelques traces d’une vie domestique ancienne. Deux verres à pied étaient enfoncés dans le mur à côté de la porte d’entrée pour faire office de porte-manteaux. Cette maison, malmenée par le temps, avait pourtant gardé son charme.

Elle s’implantait avec élégance dans la pente naturelle de la colline, avec son pignon comme un navire, orienté vers la perspective de la vallée nord du Luberon, encore sauvage. Elle avait gardé par endroit son enduit coloré aux ocres de Roussillon, si spécifique à ce village. Elle organisait son entrée par une porte basse, qui donnait sur de petites pièces intérieures accolées à une magnanerie, où l’on faisait l’élevage des vers à soie au XIXe siècle. Les murs étaient bâtis avec les pierres de la colline, tantôt claires, tantôt ferrugineuses, comme on les trouve à Roussillon. Le mortier rouge d’ocre naturelle faisait ressortir la clarté des pierres calcaires.

LE SUIVI DE CHANTIER
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La rénovation fut lourde, évidemment. Difficile de garder autre chose que les quatre murs de cette vieille masure. Après l’avoir vidée de son intérieur, nous avons renforcé et ceinturé les murs. Après une légère rehausse du bâti, la toiture a été refaite, recouverte avec de vieilles tuiles, bien isolée, et nous avons ajouté deux rangs de génoises pour lui rendre ses lettres de noblesse. Quant aux murs, nous les avons beurrés à la chaux teintée avec les ocres du coin, en s’approchant autant que possible de la couleur d’origine.

Nous avons créé quelques ouvertures, toujours en respectant les proportions dorées, et des allèges relativement basses pour préserver une proximité avec l’extérieur. Une grande anse de panier (Porte fenêtre cintrée avec bord arondie, en forme d’anse de panier) a été créée au sud pour embrasser la vue sur le village de Gordes et apporter du caractère au pignon de la maison. Nous l’avons restaurée avec cette ambition de garder le charme de l’ancien, tout en apportant le confort contemporain. La maison étant relativement petite, nous avons isolé les murs avec de la chaux mélangée à du chanvre, ce qui nous a permis de garder la courbure naturelle des murs, en préservant les échanges hygrométriques, sans perdre trop de place dans cette maison déjà petite.

FINITIONS ET RECEPTION
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A l’intérieur, les murs isolés ont ensuite été enduits avec un mélange de chaux, de plâtre, d’ombre naturelle et d’une pincée de terre de Sienne, pour retrouver la couleur des pages de vieux romans. Au sol, nous avons trouvé des terres cuites anciennes, dans un format adapté aux pièces de la maison, nettoyées et traitées avec un cirage à l’ancienne. Elles avaient un rouge bien saturé, qui reflète la lumière et apporte cette ambiance chaleureuse qu’on aime avoir dans sa chambre. Au rez-de-chaussée, dans la pièce de vie, nous avons choisi un dallage en pierre de Bourgogne, ancien lui aussi, robuste et adapté aux allers-retours avec l’extérieur. Pour la cuisine, nous avons utilisé du mobilier en chêne, un plan de travail en pierre marbrière robuste, dans lequel s’insère un évier taillé dans cette même pierre, placé devant une petite fenêtre existante pour apprécier le jardin.

Ce projet a été réalisé au sein de l’Atelier2Ha